Les institutions nationales des droits de l’homme en Albanie, l’Avocat du Peuple, le Commissaire au Droit à l’Information et à la Protection des Données Personnelles et le Commissaire à la protection contre la Discrimination ont signé aujourd’hui un Mémorandum de coopération. La rédaction de ce document a été rendue possible sous la coordination et l’assistance de la Présence de l’OSCE en Albanie et a été approuvée par les présidents des autorités susmentionnées, à savoir Mme Erinda Ballanca, M. Besnik Dervishi et M. Robert Gajda. Ce mémorandum vise à renforcer la coopération interinstitutionnelle conformément à la législation applicable et adaptée à leurs activités spécifiques, afin de renforcer l’efficacité du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales par les organismes de l’administration publique et au-delà.

Lors de la cérémonie organisée à cette occasion, le chef de la Présence de l’OSCE, M. Bernd Borchart, a déclaré que “la société albanaise a besoin de solutions concrètes dans le domaine du respect des droits de l’homme et que ces droits doivent être respectés en cas de violation. Votre rôle commun consiste à préserver et à protéger ces droits et nous espérons que la feuille de route de la coopération vous aidera à atteindre cet objectif ».

Tout en soulignant la nécessité pour les institutions de défense des droits de l’homme en Albanie de se percevoir mutuellement comme des alliées, l’Avocat du Peuple, Mme Erinda Ballanca a également souligné que «pour nous, la protection des droits de l’homme ne nécessite pas seulement l’inclusion de chacun de nous, mais qu’il est plutôt indispensable d’inclure dans notre équipe autant de joueurs que possible ».

M. Besnik Dervishi a souligné que cet accord, combinant expériences et capacités, contribuerait à améliorer les performances et les résultats des institutions concernées. «Nous avons déjà rendu 200 décisions, dont certaines ont ouvert une voie en grande partie inexplorée. Et ici, je fais référence aux décisions imposant la transparence pour les autorités publiques aux niveaux supérieurs en ce qui concerne les domaines considérés comme tabous, tels que les concessions, les marchés publics, les dossiers des tribunaux et des procureurs, l’arbitrage, le secret d’État ou l’utilisation abusive de la notion de confidentialité, ainsi que la transparence des activités des organes de vérification transitoire (Vetting) », a déclaré le Commissaire Dervishi.

De son coté, le Commissaire à la protection contre la Discrimination, M. Robert Gajda a souligné l’importance et la nécessité de la coopération entre les autorités pour «créer une alliance plus large et durable entre les institutions de protection des droits de l’homme, les organismes publics, les institutions indépendantes et la société civile pour mener la lutte contre la discrimination, les inégalités et les injustices».

L’accord reflète l’engagement de ces autorités d’adopter une approche commune de la protection des droits fondamentaux de l’homme dans le cadre des activités institutionnelles et sociales de notre pays. Grâce à l’échange et à la coordination de meilleures pratiques juridiques et administratives, ces droits seront protégés contre les pratiques illégales/irrégulières et/ou la négligence de l’administration publique ou de tiers agissant pour leur compte. Les trois autorités surveilleront l’activité parlementaire de manière à ce que les normes ne puissent pas être affectées pendant le processus de consultation des projets de loi avant leur adoption. Les parties doivent coopérer pour promouvoir l’amélioration continue du cadre juridique national, conformément aux conventions internationales signées/ratifiées par l’Albanie.

De plus, afin de maximiser les capacités administratives, les bureaux locaux seront utilisés conjointement pour échanger et renvoyer les plaintes et les problématiques pertinentes aux institutions centrales. Les parties intensifieront les performances de leur personnel par le biais des formations continues et l’échange de savoir-faire et de compétences visant à améliorer les pratiques administratives lorsque l’objet des activités de l’autre partie est affecté. Parallèlement, ils coopéreront pour organiser des activités conjointes aux niveaux national et international visant à sensibiliser davantage à la nécessité de garantir les droits et libertés fondamentaux.